Aujourd'hui, qu'est ce que les médias ?
A l 'époque des blogs, des médias participatifs et de la part croissante donnée aux lecteurs et aux auditeurs, il est de plus en plus difficile de définir ce qu'est l'information.
Bénoït Raphael définit le journalisme comme de l'information vérifiée et filtrée.
http://benoit-raphael.blogspot.com/2008/03/alors-que-au-moment-du-lancement-de.html
Et effectivement, quand ces deux conditions ne sont pas réalisées, nous parlons bien d'erreurs.
Jean Pierre Elkabach a demandé aux journalistes d'Europe 1 d'annoncer le décès de Pscal Sevran en avril 2008 alors qu'ils n'arrivaient pas à confirmer l'information. Et Laurent Ruquier (également sur Europe 1) de relayer l'information sur l'antenne de France 2.
De la même manière, Florence Schaal qui annonce lors du JT de 20 heures la mort d'un petit garçon finalement retrouvé sain et sauf début août.
Et dans les deux cas, l'affaire a fait grand bruit. Mais la course au scoop qui est lancée depuis quelques années ne risque-t-il pas de favoriser ces erreurs qui à la longue ne seront plus démasquées ?
Sortons du petit monde des journalistes maintenant. Qu'en est-il du citoyen lambda ?
Des sites internet comme MediaPart d'Edwy Plenel http://www.mediapart.fr/ ou Agoravox http://www.agoravox.fr/ pour ne citer qu'eux donnent la parole aux malheureux démunis de carte de presse. Prenons l'exemple d'Agoravox : les articles sont filtrés et doivent correspondre à la politique éditoriale (actualité, vérifiabilité des faits etc.). Donc finalement, les articles publiés correspondent à des critères décidés par quelques uns. Mais c'est là l'assurance de la crédibilité. A ceux qui veulent s'exprimer la charge d'assurer leurs dires, et donc leurs arrières.
En revanche, sur la radio, l'exercice est sans doute beaucoup plus périlleux.
Parlons de ce que je connais. Sur Europe 1 et notamment lors du 11h - 14h animé par Jean-Marc Morandini, une place croissante est donnée à l'expression des auditeurs. Je ne prône pas pour une élite journalistique qui ne laisserait aucune parole aux auditeurs.
Mais le danger existe bien non ?
1) Jean-Marc Morandini laisse parfois s'exprimer les parties dont il partage les opinions et baillonne les adversaires. La parole aux auditeurs n'est à mon sens juste que si elle ouvre la porte à tout le monde. Sinon, ne laissons la parole à personne !
2) L'avis de la personne lambda est parfois directement opposée à celle des experts. Et là en revanche, mon sentiment est beaucoup plus tranché. N'opposons pas la parole d'un spécialiste et celle d'un néophyte. Chacun à sa place et les vaches seront bien gardées. Ce qui en découle :
3) OK pour laisser tout le monde s'exprimer mais l'auditeur doit pouvoir faire la part des choses. Se vanter d'avoir "entendu à la radio" que tel truc s'était passé, d'accord. Mais peut être que le bonhomme qui a annoncé fièrement l'événement le tenait peut être de la voisine de la grand-mère de sa femme...
Tout ça pour dire que dans tous les cas, journalistes ou non, la volonté de vérifier ce que l'on annonce doit rester plus forte que la volonté de se faire entendre. N'oublions pas de nous effacer derrière l'information.
PS : je ne souhaite pas faire ici des leçons de morale. Pour les billets écrits précédemment dans ce blog, les informations ont été vérifiées et j'essaie de m'y tenir pour chaque publication que je sors. Mais, ceux s'essaient à la tâche savent qu'elle n'est pas toujours aisée. Ce qui explique parfois des erreurs....
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