Dans "Le Monde" tout frais d'aujourd'hui (Mardi 19 Août 2008), Paul Benkimoun nous informe que les survivants de la fameuse "grippe espagnole" (qui doit son nom au seul fait que l'Espagne, non impliquée dans le conflit de 14-18 avait tout le temps d'officialiser les cas de maladie) portent encore en eux des anticorps efficaces (évidemment, pour ceux qui explosent l'espérance de vie). Vous savez, les anticorps, ces petites choses qui nous permettent de nous défendre contre toutes les saloperies que nous pouvons choper. Dans la nature, nous les produisons une fois la petite bébête rencontrée. Pasteur, un jour d 'oisiveté (pas tout à fait en fait, voyez la suite), s'est dit que ce serait peut-être plus simple d'injecter directement un pathogène non virulent pour être protégé aussitôt. Excusons la nature de prendre parfois son temps. Et rendons à César ce qui appartient à César. Hommage à Edward Jenner qui est en réalité à l'origine de ce qui nous évite aujourd'hui de contracter la diphtérie, le tétanos ou la rubéole. Au 18ème siècle sévissait la vaccine ou variole de la vache. Les paysans de l'Angleterre profonde qui trayaient les bovins malades présentaient des petits boutons sur les mains. Mais en même temps résistaient aux attaques virulentes de la variole (humaine cette fois). Petits maux pour un grand bien. Jenner, l'oeil aiguisé et l'esprit alerte, eut donc l'idée d'apposer quelques gouttes de lait de la vache malade à la base du nez de l'homme qui lui ne serait donc plus. Pasteur a repris le même système, et pas vache, a rendu hommage à Jenner en appelant ce procédé vaccination.
Revenons à notre grippe espagnole. Première constatation : des bonshommes sont assez résistants pour déjà ne pas succomber à la grippe espagnole et ensuite vivre 90 ans (le panel est riche de 32 personnes, agées de 2 à 12 ans lors de l'épidémie). Leurs anticorps ne doivent pas être du pipi de chat. La preuve, isolés des globules blancs du panel, ils protègent de pauvres petites souris à qui des scientifiques ont inoculé le virus de la grippe espagnole (le scientifique est viscéralement méchant). Les anticorps sont donc encore actifs. Les scientifiques, maintenant superhéros, pourront mettre un vaccin au point en cas de résurgence du H1N1 (virus de la grippe espagnole) ou d'un virus approchant. Youpi !
Au moins une saloperie qui ne nous aura pas !
http://www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/08/18/des-survivants-de-la-grippe-de-1918-produisent-des-anticorps-efficaces_1084951_3244.html#ens_id=741460
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